Blog

mouvements neurogéniques fracture

Fracture : le cadeau que je n'avais pas commandé (mais dont j'avais besoin)

L’année 2026 s’annonce particulièrement difficile pour beaucoup d’entre nous, marquée par des conflits géopolitiques et économiques majeurs.  Pour ma part, le 1er janvier a été synonyme d’un début d’année brutal : une fracture du radius droit alors que je suis droitière.  Mon poignet immobilisé par des broches et un plâtre pendant près de huit semaines m’a fait découvrir les douleurs physiques et émotionnelles qui accompagnent généralement ce genre d’épreuve.

Si je pouvais remonter le temps pour éviter cet accident, je le ferais volontiers.  Pourtant, je dois admettre que cette livraison surprise m’a offert quelques moments d’émerveillement. Je souhaite partager avec vous ce témoignage sur les mouvements neurogéniques et la façon dont cette blessure sérieuse est devenue, contre toute attente, un catalyseur de clarté pour ma vie et ma pratique.

Comment la méthode TRE m’a aidée à mieux traverser les suites de l’accident

Je tiens à souligner que les mouvements neurogéniques activés par la méthode TRE sont contrindiqués en cas de fracture. De plus, il est déconseillé de faire ses débuts dans cette pratique en période de trauma ou de crise, sans accompagnement professionnel qualifié.  Par contre, à long terme, une pratique régulière développe habituellement l’aptitude à utiliser cet outil d’autorégulation et de libération, même en situation de stress intense. C’est ainsi que j’ai pu adapter ma pratique personnelle des mouvements neurogéniques pendant les différentes phases que j’ai traversées cet hiver 2026. Voici les trois façons dont les mouvements neurogéniques m’ont aidée :

1.  Les mouvements neurogéniques m’ont permis de décharger le stress et l’anxiété pendant les interventions médicales

Ma fracture était de type déplacé, c'est-à-dire que les fragments de l’os cassé ont quitté leur alignement anatomique et devaient être replacés correctement. J’ai donc subi une réduction de fracture avant la pose d’un plâtre au service d’urgences. Deux jours plus tard, un chirurgien a inséré des broches, pour stabiliser les fragments d’os et a posé un nouveau plâtre, moins serré.  Avant et après chacune de ces interventions, mon système nerveux a spontanément déclenché des tremblements neurogéniques.  Étant capable de contrôler ces mouvements et ne souhaitant pas perturber le personnel soignant, je leur ai demandé si je pouvais laisser trembler mes jambes.  À chaque fois, j’en ai reçu l’autorisation. Comme personne ne semblait s’inquiéter de ces secousses, j’ai laissé les mouvements gagner le bassin, puis le dos, jusqu’au milieu du tronc.  Malgré mes connaissances pratiques et théoriques sur les mouvements neurogéniques, j’ai été surprise par la profondeur et la rapidité du soulagement de la tension nerveuse et de l’anxiété liées aux interventions médicales. J’ai ressenti une profonde gratitude pour ce processus instinctif de libération. 

Pendant ces mouvements neurogéniques, je gardais mes épaules et mes bras immobiles pour empêcher les vibrations de gagner les tissus lésés. Mon attention veillait au bon déroulement du processus, tout en l’observant avec curiosité. Je me demandais ce qui se serait passé sans mon expérience préalable de la méthode TRE. Peut-être serais-je restée figée plus longtemps ? Ce dont je suis certaine, c’est que j’aurais eu peur de ces tremblements spontanés si j’avais ignoré leur signification physiologique et si je n’étais pas aussi à l'aise avec les mouvements autonomes de mon corps.

En plus des tremblements spontanés à l’hôpital, mon corps s’est parfois mis à vibrer doucement le soir, au coucher.  Cependant, je me suis abstenue de toute pratique volontaire de TRE pendant les semaines qui ont suivi la fracture, pour ne pas risquer de déplacer les fragments d’os ni d’interférer avec la guérison tissulaire.

2. Une séance complète de TRE m’a libérée du stress post-traumatique de l’accident 

La chute traumatique s’était produite juste devant chez moi, où j’ai glissé sur une plaque de verglas en contournant ma voiture. Après l’accident, la peur m’envahissait chaque fois que je quittais la maison. J'avais beau m'agripper au bras de la personne qui m'accompagnait et savoir qu'on avait répandu du sable sur le sol glacé, mes jambes se raidissaient. Je devais me forcer à marcher jusqu’à la voiture, consciente que ce figement augmentait le risque de glisser, mais impuissante face à cette réaction de mon corps.  J’avançais donc lentement, en état d’hypervigilance.

Trois semaines après l’opération, j’ai passé un examen de contrôle pour vérifier que l’os et les broches étaient toujours bien en place. L’orthopédiste m’a posé un nouveau plâtre, plus léger mais plus serré que le précédent. Le lendemain, pour la première fois depuis l’accident, mon corps a exprimé le besoin d’une véritable séance de TRE. Je me suis sentie en sécurité de suivre cet élan, rassurée par le récent suivi médical et confiante en ma capacité à contrôler les mouvements neurogéniques de mon bras cassé. La séance m’a profondément détendue et j’ai dormi beaucoup mieux cette nuit-là que les précédentes, comme je m’y attendais.

La surprise m’a saisie lendemain, en sortant de chez moi. J’ai été frappée par l’absence de stress et de figement dans les jambes.  Ce contraste soudain avec les semaines précédentes m’a fait réaliser que le stress s’était dissipé grâce à ma longue séance de TRE de la veille.  Par la suite, j’ai continué à faire attention sur sol verglacé, mais par simple prudence, sans peur au ventre, mes jambes ayant retrouvé ancrage et assurance grâce à la reprise du TRE.

3. La pratique quotidienne de TRE me soulage de plusieurs symptômes physiques et physiologiques

Depuis que j’ai repris la pratique quotidienne des mouvements neurogéniques, associée à la gymnastique sensorielle (méthode Danis Bois), je constate une diminution notable des tensions, des douleurs et des restrictions de mouvements. C’est d’autant plus remarquable depuis le retrait des broches et du plâtre. Les rares jours où j’ai négligé ces pratiques ont été suivis de nuits plus difficiles et d’une recrudescence des raideurs et des douleurs articulaires et musculaires.

Une fracture affecte le membre concerné de manière complexe, au-delà de la lésion osseuse : perturbation de la circulation sanguine et lymphatique, inflammation, adhérences tissulaires, atrophie musculaire, altérations sensitives et motrices, etc.  Tensions, raideurs, douleurs, congestions tissulaires et autres inconforts sont des répercussions normales du processus de réparation physiologique, mais aussi de l’immobilité forcée – bien que nécessaire – des articulations et des muscles.

Dans un contexte de fracture, le défi principal est de soulager les symptômes et de minimiser les dommages collatéraux de l’immobilisation sans interférer avec le processus de guérison.  Si les mouvements neurogéniques activés par la méthode TRE peuvent être bénéfiques, leur mauvais ajustement peut perturber la réparation physiologique. Or, cet ajustement se fait par autorégulation, dans l’écoute des sensations proprioceptives et intéroceptives.  Pour restaurer mobilité et fluidité, l’écoute tissulaire sensible est essentielle, surtout en cas de lésion interne.  Cette sensibilité s’acquiert et s’affine avec la pratique.  Ma connaissance incarnée approfondie de ces outils simples et puissants a été essentielle pour me permettre de les utiliser adéquatement.

Pourquoi je vous raconte mon aventure ?

Je sors de ma discrétion habituelle sur ma vie personnelle, car cette expérience me donne l’opportunité d’illustrer la puissance d’auto-libération par les mouvements neurogéniques après un accident.  Cela dit, l’intérêt de ces mouvements ne se limite pas au soulagement des suites de traumas physiques. Stephen Porges, créateur de la théorie polyvagale, considère la méthode TRE comme un exercice neurologique qui nous permet de modifier notre état interne, ce qui lui confère une pertinence universelle.

Avoir la capacité d’autoréguler son système nerveux autonome est inestimable, quelle que soit l’origine du stress vécu, et la pratique du TRE s’adapte à chaque condition. Cependant, un obstacle majeur empêche la majorité des gens d’en profiter. Étant un outil d’auto-accompagnement qui nécessite une phase d’apprentissage et une pratique régulière, beaucoup de gens s’en détournent rapidement, percevant la démarche comme un stress supplémentaire.  Pourtant, passé l’effort initial pour rétablir cette aptitude naturelle, la pratique devient facile et intuitive. Les mouvements neurogéniques sont alors accessibles sans effort, nous procurant, au besoin, un allègement physique et psychique.

La réticence à s’abandonner au corps et à son processus de transformation est ce qu’on appelle la résistance au changement en thérapie somatique. Elle s’habille souvent d’analyses rationnelles et de marchandages mentaux qui s’emballent sous l’effet du stress ou du trauma. D’ailleurs, au moment de mon accident, mon esprit était confus et affolé. Je savais qu'un sens se cachait derrière cette fracture, mais tenter de le décoder par la pensée restait un effort stérile qui ne faisait qu’accentuer ma détresse. 

C’est avec le temps, et grâce au travail somatique, que les tensions psychiques ont fini par céder, laissant enfin émerger la clarté. Cet arrêt forcé de trois mois m'a obligée à écouter mon corps au-delà de sa fragmentation ; j’y ai découvert des besoins essentiels que j’ignorais depuis longtemps.

À l’autre bout du tunnel

Cette pause a agi comme un révélateur. Ma chute n’a pas seulement cassé mon os, elle a fissuré mes défenses affectives, m’apprenant à me laisser aider et, surtout, à me laisser aimer bien plus qu'avant. J'ai compris que le cœur s'agrandit beaucoup en recevant. Ce passage à vide a vivifié mes liens et clarifié mes préférences. Plusieurs de mes postures relationnelles ont changé. Sur le plan professionnel, la leçon est tout aussi limpide. En brisant mon rythme et mon autonomie, cette fracture a remis mes priorités à l’endroit. Aujourd'hui, je privilégie l’accompagnement individuel, car cette présence à l'autre nourrit mon besoin de connexion et reste le meilleur ancrage pour transmettre l’essentiel et soutenir des transitions délicates. 

En sortant du tunnel, une certitude s’est consolidée : la vulnérabilité n'est pas une faiblesse, mais une voie de passage vers une orientation plus juste. Si c’était à refaire, je préférerais sans doute un cadeau avec un plus joli emballage et beaucoup moins de plâtre. Mais maintenant que le colis est ouvert, je réalise que j'avais besoin de cette douloureuse leçon. On se croit brisé, alors qu’on est juste en train de se reconstruire... en version plus alignée.

 

Méthode TRE®

Utilisez ce code promotionnel

pour obtenir 10% de réduction immédiate :

JAN2026

🙋🏻‍♀️ Assurez-vous que le code est bien appliqué avant de faire le paiement. La réduction sera affichée sur le détail du montant.

⏳ Coupon rabais valide jusqu'au 5 avril 2026, minuit.

✅ Valide sur inscriptions au programme Méthode TRE® - Comprendre la Base, en CAD ou en Euros.

Infos & Inscription

Abonnement

Pour recevoir les prochaines publications par email.

Toujours gratuit - Zéro spam garanti